Menu

 

Recherche

Rechercher

Office de tourisme communautaire Royan Atlantique - © Royan Atlantique

23/11/1906 - Volga

Crédits du visuel : Patrice Guillon

Informations

Type de navire : Vapeur post-1880
Type d'intervention : Naufrage
Lieu : Pointe de La Coubre (Gironde)
Station : Gironde (Gironde)
Source : 1906 - 10 - Annales du sauvetage maritime Société centrale

Articles

1906 - 10 - Annales du sauvetage maritime Société centrale (page 45)
Le 23 novembre 1906, à 11h30 du matin, une dépêche de la Coubre signalait : « Vapeur Volga échoué, demande secours », beau temps, petite brise de N.-E., mer belle.

Immédiatement le signal fut fait par la douane : « Allumez les feux » et toutes les dispositions furent prises pour amener le canot Gabiou-Charron n°5. À 1h30, L'Yvonne larguait son corps-mort faisant route sur La Coubre, son canot à la remorque. Elle se dirigea vers le vapeur qui se trouvait sous pression complètement à sec, sur la pointe de La Coubre, à environ 800 mètres du pied de l'ancien phare ; il avait le cap au nord, son pavillon en berne. Il paraissait ne pas avoir souffert, ses embarcations de bâbord étaient à leur poste de mer et une de celles de tribord amenée le long du bord, à bout de garants, le débarquement des hommes était donc très facile ; malgré cela, L'Yvonnehissait le signal :
« Avez-vous besoin du bateau de sauvetage ? ».
Aucune réponse ne me fut faite. Je n'ai même pas aperçu aucun être vivant, ce qui m'a fort surpris ; j'en ai déduit que l'équipage devait être à terre. À 3h45, j'amenais le signal et hissais le signal « Y a-t-il quelque chose qui s'oppose au débarquement ? ».
À 4h10, le sémaphore signalait : « Envoyez chercher lettres et dépêches » suivi de : « Rendez vous dans le port » et, peu après, « le bâtiment est à la côte ».
Le sauvetage étant très facile par terre puisqu'il n'y avait qu'à débarquer et impossible par mer à cause du manque d'eau, L'Yvonne fit route sur Royan où elle mouillait, à 7 heures du soir.
1906 - 10 - Annales du sauvetage maritime Société centrale (page 60)
Lettre datée du 24 novembre 1906 écrite par le capitaine du Volga à M. le Conducteur des Ponts-et-Chaussées, chargé du service de La Coubre.

Je viens, en mon nom et celui des officiers et marins de l'équipage du vapeur Volga du port de Bordeaux, vous remercier du dévouement de l'activité que vous avez déployés pour venir nous porter secours et, par votre travail intelligemment dirigé, me permettre de me sauver ainsi que tout mon équipage. Vous n'avez pas craint de payer de votre personne pour diriger l'envoi des engins de sauvetage qui nous ont été envoyés à bord, pour me permettre de communiquer avec vous, et d'accomplir, dans les meilleures conditions et sans accident, le sauvetage de tous les hommes que j'avais sous mes ordres.

Je vous remercie aussi du bon accueil avec lequel vous nous avez reçus chez vous. L'administration des Ponts-et-Chaussées peut être fière d'avoir un serviteur à la hauteur de sa tâche comme vous l'avez montré dans cette circonstance.

La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés ne pouvait pas confier en meilleures mains le service de sauvetage.

Je suis heureux de vous témoigner toute ma plus vive reconnaissance.

Le capitaine du vapeur Volga

Signé : Roux
1906 - 10 - Annales du sauvetage maritime Société centrale (page 60)
Rapport transmis par M. L'Ingénieur en chef des Ponts-et-chaussées à La Rochelle.

Le 23 novembre 1906, par une brume intense, le maitre de phare de La Coubre, accompagné d'un gardien, se rendait vers 10 heures du matin à la cabane de La Sirène, située près de l'ancien phare, lorsqu'il aperçut un vapeur échoué à la Pointe de La Coubre.

Il prit immédiatement des dispositions pour réunir le personnel nécessaire au transport du canon porte-amarres et à midi le matériel était arrivé sur le lieu du sinistre.

Prévenu par télégramme, je me rendis sur les lieux à 1 heure et demie, et pris aussitôt toutes les mesures pour secourir l'équipage du vapeur.

Le navire avait le cap au Nord et se présentait par le travers. La basse mer était à trois heures et demie, mais pour pouvoir opérer le sauvetage pendant l'étale, s'il en était besoin, à 2 heures et demie la distance du bateau me paraissant être de 250 à 300 mètres, je pus envoyer une flèche qui, entrainant la ligne par le milieu du navire, alla de l'autre côté, tomber à une distance évaluée par l'équipage à 100 mètres environ.

La communication était donc établie après un seul coup de canon et il me fut possible de correspondre avec le capitaine qui me fit savoir qu'une partie de l'équipage demandait à quitter le navire. Je m'entendis avec lui pour cette opération.

J'envoyai une aussière à bord et, au moment de l'étale, un canot abrité par la coque du navire fut mis à la mer et, à l'aide de l'aussière, put gagner la terre. Nous recueillîmes, pendant cette première journée, dix hommes de l'équipage.

Des dispositions furent prises ensuite pour conserver la communication pendant toute la marée.

A 10 heures et demie, le soir, l'avant du bâtiment ayant flotté, il vint cap à terre.

La basse mer du jour suivant, le 24 novembre, à 4 heures du matin, il avait été entendu avec le capitaine que rien ne serait tenté pendant la nuit, à moins de nécessité absolue. Néanmoins, nous étions sur les lieux et, dans la matinée, le capitaine faisait savoir que le navire était défoncé et qu'il était obligé de l'abandonner avec le reste de l'équipage. Il fut alors convenu que l'opération aurait lieu à la basse mer du soir.

Pendant cette seconde journée, la mer était restée très grosse et la nouvelle position du bâtiment ne permettant plus de protéger une embarcation, je fis établir un va-et-vient. Dans l'intervalle, je m'étais assuré du concours d'un bateau plat de pêcheurs de la localité et de son équipage pour être utilisés, s'il était possible, concurremment avec le va-et-vient.

Au moment de l'étale, la mer devint meilleure et l'on put, à l'aide d'un bateau plat, amener à terre le reste de l'équipage.

Je me fais un devoir de signaler, en cette circonstance, le zèle apporté par le personnel du phare, les gardes forestiers et les douaniers présents, pendant tout le cours des opérations.
Gazette des bains de mer
09/12/1906
Les nouvelles reçues du Volga ne sont pas satisfaisantes.

Cependant, le délégué de The Salvage Association Company conserve encore l'espoir de renflouer de renflouer Le Volga, et attend impatiemment l'arrivée, devant La Coubre, du bateau de sauvetage Ellinet.

Le bateau de sauvetage Finistère, actuellement à Bordeaux, a terminé le chargement des apparaux arrivés de Liverpool par le vapeur anglais Narbonne.
Gazette des bains de mer
Un télégramme du sémaphore de La Coubre, reçu vendredi 23 novembre après-midi, apprenait qu'un vapeur bordelais, Le Volga, s'était échoué à 10h20 dans le sud-ouest, à 2 milles du phare.

La traversée s'était régulièrement effectuée jusqu
La Croix de Saintonge et d'Aunis (page 2)
02/12/1906
Le Volga, vapeur de 1500 tonneaux et qui venait de Rufisque avec un chargement complet, avait fait un voyage excellent. Or, le 23 novembre, une dépêche annonçait à Bordeaux que ce bateau venait de s'échouer à la Pointe de La Coubre. Le brouillard qui régnait sous nos côtes vendredi matin, est venu surprendre le vapeur au moment où il entrait en Gironde. Il paraîtrait qu'il est dans une situation grave, et qu'il s'est échoué sur un fond de roches. Dès que les armateurs ont été informés du sinistre, ils ont télégraphié à Royan pour faire expédier au secours du Volga le stationnaire de la Société Centrale de Sauvetage Yvonne.

Les 23 hommes qui composaient l'équipage ont été sauvés ainsi que les marchandises.

Le bruit de ce sinistre s'était répandu dans la région et avait attiré de La Tremblade et de toutes les localités de la presqu'île d'Arvert une foule de curieux.

Au sujet du bateau lui-même, les nouvelles sont contradictoires. Notre correspondant assure qu'il serait entièrement perdu ; d'autres prétendent qu'il restait des chances de le sauver.
La Petite Gironde
Un télégramme de La Coubre, daté du 23 novembre, 10 heures 20 matin, affiché en Bourse, annonçait que le vapeur Volga était échoué à 2 milles au sud-ouest du phare, et demandait secours.
Cette nouvelle a causé une légitime émotion dans le monde maritime de la place, ce vapeur étant attaché à notre port. Ses armateurs sont MM. Maurel Frères.
Le Volga était parti le 10 novembre de Rufisque pour Bordeaux, avec un complet chargement d'environ 1,500 tonneaux d'arachides.
La traversée s'était régulièrement effectuée jusque là. Le brouillard qui régnait sous nos côtes vendredi matin, est venu surprendre le vapeur au moment où il entrait en Gironde. Il paraîtrait qu'il est dans une situation grave, et qu'il est échoué sur un fond de roches. Dès que les armateurs ont été informés du sinistre, ils ont télégraphié à Royan pour faire expédier au secours du Volga le stationnaire de la Société Centrale de Sauvetage Yvonne.
Les 24 hommes composant l'équipage, sous le commandement du capitaine Roux, sont restés à bord.
On attend de plus amples détails.
Le Volga est un steamer en acier de 1,382 tonneaux bruts, construit en 1881 à Glasgow ; sa machine a une puissance de 714 chevaux.